Evaluation et Compensation Carbone

Mesurer poste par poste les émissions de gaz à effet de serre de l'événement permet de hiérarchiser les actions correctives en fonction de leur impact sur l'environnement.

Pour cela, vous pouvez faire appel à un cabinet formé à la méthode Bilan Carbone® de l'ADEME. En région Nord-Pas-de-Calais, 22 structures ont suivi cette formation (en mars 2007) ; vous trouverez leurs coordonnées sur les pages 30 à 32 de ce document

Des calculs relativement simples peuvent donner une évaluation approximative des émissions de l'événement. Le plus difficile dans cette opération est de recueillir le plus de données possible, (notamment pour les mois précédant l'événement) : consommation d'énergie, qualité et quantité de déchets, déplacements des visiteurs, des artistes ou intervenants, production de papier.

Collecter les données

Les déplacements et hébergements

des visiteurs

Pour les déplacements : Il s'agit de connaître le nombre de personnes qui sont venus, d'où ils sont venus et comment. Si tous les visiteurs sont obligés de passer à un même endroit à l'entrée (billeterie, inscription, émargement ou accueil), c'est le moment le plus approprié pour prévoir des réponses rapides à des questions simples :

D'où venez-vous ?

Ville :
Code postal :
nb de km AR :

Comment êtes-vous venus ?

en avion
en camion (taille du camion) 
en voiture
en bus urbain
en métro
en TER
en TGV
en vélo
à pieds

Si vous êtes venus en voiture,

Combien étiez-vous dans la voiture ?
Quel carburant consomme votre voiture ? Essence, Diesel, GPL
Quelle est la puissance de son moteur ? 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 CV

Pour l'hébergement : Dans le cas d'un événement qui se déroule sur plusieurs jours, il faut chercher à savoir dans quelle catégorie d'hôtel (ou autre mode d'hébergement), les visiteurs ont dormi, les émissions de gaz à effet de serre étant directement proportionnelles à la qualité de l'hôtel.

Par exemple, d'après le rapport annuel du Groupe ACCOR de 2003 (cité par l'ADEME)

Type d'hôtel Consommation moyenne d'énergie kWh/an/chambre
0 à 1 étoile 5000
2 étoiles 8000
3 étoiles 8 à 15000
4 étoiles 15 à 30000

On posera donc des questions du type :

Où dormez-vous ?

Chez l'habitant
Dans un camping : quel standing ? 
Dans une auberge
Dans une chambre d'hôtes
Dans un hôtel : combien d'étoiles ?			

des artistes ou intervenants

Les questions sont les mêmes. On peut juste souligner que ces derniers peuvent être venus la veille pour une répétition, pour monter un stand etc. Dans ce cas, il faudra les interroger sur l'ensemble de leurs déplacements.

liés à l'organisation

Le relevé est plus compliqué car il nécessite un relevé tout au long de l'année des déplacements de chaque membre de l'organisation.

La consommation de papier et autres objets

Un événement génère une importante consommation de papier qui va provoquer des émissions de gaz à effet de serre. Ce sont les plaquettes de communication, les affiches, les flyers, les enveloppes mais aussi tout le papier utilisé lors de la préparation (dossiers, demandes de subvention…), par les organisateurs et leurs partenaires. La collecte de données porte sur le poids de ces papiers et leurs caractéristiques : papier imprimé ou papier non imprimé.

Des objets comme des stylos, cadeaux, sacs etc. génèrent eux aussi des émissions de gaz à effet de serre. la encore, un recensement des types et quantités d'objets est nécessaire.

Les déchets

Les évaluations sont plus compliquées. Nous aurons besoin de connaître les quantités et les compositions des déchets et leur destination (incinération, compost).

Les repas

Les repas sont eux aussi responsables d'émission de gaz à effet de serre. Nous aurons besoin de connaître la quantité et le type d'aliments consommés. Le graphique suivant indique les quantités de gaz à effet de serre émis par chaque type d'aliments dans le cas d'une agriculture conventionnelle. Ces chiffres ne sont pas exploitables dans le cas de produits issus de l'agriculture biologique. L'auteur de ce graphique (JM. Jancovici) estime que ces derniers émettent environ 20 à 30 % moins de gaz que leurs équivalents issus de l'agriculture conventionnelle.

Source : Jancovici/Ademe, Bilan Carbone, 2007

Concrètement, ceci signifie qu'il faut rechercher ces informations auprès des différents restaurateurs (traiteurs, associations…).

Les consommations d'énergie

Un relevé de la consommation d'énergie par les différents postes pourra être convertie en équivalent CO2, si nous connaissons l'origine de cette énergie (gaz, électricité…).

L'ensemble des données collectées pourront ensuite être converties en une seule unité : l'équivalent kg de CO2, grâce à des facteurs d'émission.

Evaluer les émissions Carbone

En utilisant des facteurs d'émissions élaborés par l'ADEME, il est possible de convertir toutes les informations receuillies en une seule unité (le kg de CO2) et ainsi d'estimer les émissions Carbone dont l'événement est responsable.

Sur le site de l'ADEME : www.ademe.fr/bilan-carbone/ vous trouverez des documents téléchargeables qui présentent cette méthode et les facteurs d'émission.

Nous nous sommes intéressés de près à cette évaluation et l'avons expérimenté sur un premier événement. Nous proposons les méthodes de calcul ci-dessous :

Les émissions carbone dues aux déplacements

Pour les déplacements sans voiture, il s'agit de multiplier le nombre de km parcourus par les facteurs d'émission présentés dans le tableau ci-dessous pour obtenir le poids de CO2 émis dans l'atmosphère (exprimés ici en g équivalent de CO2).

Mode de transport Facteur d'émission : g CO2 / km parcouru
Avion court courrier 147
camion (10 tonnes) 650
TGV 2,6
TER 37
Bus 96
Métro 5,3

Pour les déplacements en voiture, il faut distinguer plusieurs caractéristiques, présentées dans le tableau ci-dessous :

Trajet urbain Trajet extra-urbain
Voiture diesel 5 CV 254 160
6 à 10 CV 260 165
plus de 10 CV 415 218
Voiture essence 5 CV 275 171
6 à 10 CV 283 172
plus de 10 CV 437 228
Voiture GPL 5 CV 254 160
6 à 10 CV 260 165
plus de 10 CV 415 218

Il s'agit la encore de multiplier le nombre de km parcourus par les facteurs d'émission présentés dans le tableau ci-dessus pour obtenir le poids de CO2 émis dans l'atmosphère (exprimés ici en g éq de CO2).

Les émissions carbone dues à la consommation de papiers

On peut considérer que les papiers dues à l'organisation d'un événement sont destinés à être jetés dans un délai court après l'événement. Les facteurs d'émission présentés ici tiennent compte du traitement de ces déchets.

Pour obtenir les quantités de CO2 émises par les papiers, on peut utiliser les coefficients suivants : 2,03 kg CO2 pour 1 kg de papier non imprimé, 4,42 kg CO2 pour 1 kg de papier imprimé.

Les émissions carbone dues à la consommation d'énergie

Pour ce qui est de l'énergie, il faut connaître les différents types d'énergie. Les facteurs d'émission sont alors en Kg eq CO2 :

  • Gaz naturel : 3193 par tonne ou 0.23 par Kwh ou 2705 par litre
  • Houille : 2672 par tonne ou 0,37 par Kwh ou 4290 par litre
  • Fioul domestique : 3490 par tonne ou 0,30 par Kwh ou 3490 par litre
  • GPL : 3501 par tonne ou 0,27 par Kwh ou 3197 par litre
  • Electricité (EDF) : 0,08 par Kwh

Les émissions carbone dues aux repas

Pour ce qui est des repas, soit on connaît exactement la composition, ce qui va rarement être le cas, soit on prend un ratio. Par exemple, le contenu carboné d'un repas complet en collectivité est de l'ordre de 2 Kg eq CO2 (sans tenir compte du fret des aliments, ni des déchets générés).

Les émissions carbone dues aux déchets

En construction

Compenser les émissions

La troisième étape de cette évaluation peut être la compensation des émissions.

La compensation carbone consiste à financer des projets de réduction des émissions de CO2 (Ex : développement des énergies renouvelables, projets visant une meilleure efficacité énergétique, reboisement) afin de “neutraliser” les émissions dues à l'événement. L'ADEME présente plus d'informations sur le site www.compensationco2.fr

Avertissement : Il va de soi que la compensation ne peut pas être perçue comme un droit à polluer et qu'elle ne doit intervenir qu'en dernière action, lorsque tous les efforts auront été entrepris pour réduire le plus possible les émissions générées par l'événement. Il ne s'agit pas réellement de “neutraliser” puisque les gaz à effet de serre émis par l'événement resteront dans l'atmosphère. Il s'agit de financer un projet qui réduira d'autant, d'autres émissions, ailleurs. Les critiques adressées à cette idée porte sur ce point, c'est pourquoi nous insistons. Rien n'est plus facile à compenser que les quantités de CO2 qui n'auront pas été émises dans l'atmosphère.

Pour compenser les émissions incompressibles de l'événement, 6 structures ont signé la charte de l'ADEME (disponible sur le site de l'ADEME www.compensationco2.fr) et proposent d'investir dans des projets. Ce sont en avril 2008 :

GERES (association) sur le site : www.co2solidaire.org

Climat Mundi (entreprise) sur le site : www.climatmundi.fr

Action Carbone (association) sur le site : www.actioncarbone.org

EcoAct (entreprise) sur le site : www.eco-act.com

Carbon Capital Markets (entreprise) sur le site : www.carboncapitalmarkets.com

Carbon-Clear (entreprise) sur le site : www.carbon-clear.com

A titre d'exemple, un colloque de 1000 personnes à Lille Grand Palais a émis presque 16 tonnes de CO2.

 

 

 


 
evaluation_et_compensation_carbone.txt · Dernière modification: 2008/04/10 10:08 par marion
 
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